Résumé · Chapitre 11 sur 14 · 1 min
Souveraineté numérique
Le sujet est partout dans les discours, presque nulle part dans les décisions. L’essai distingue trois niveaux qu’on confond trop souvent. Le cloud hyperscaler (AWS, Azure, GCP) se joue à l’échelle continentale et il s’y joue mal : ni Gaia-X ni les acteurs nationaux n’ont produit d’alternative à grande échelle. Les infrastructures publiques nationales et modèles d’IA souverains sont en construction active : Swiss Government Cloud (crédit de 246,9 M CHF, déploiement 2025-2032, réservé au secteur public), Apertus lancé en septembre 2025 par EPFL/ETH/CSCS. Les usages quotidiens, enfin, sont là où la souveraineté se vérifie matériellement. La distinction décisive est entre stratégie de substitution (vouée à l’échec face aux hyperscalers) et stratégie de complément (qui peut réussir sur les terrains que les hyperscalers ne servent pas). Pour le Valais, un grand data center cantonal généraliste n’a guère de sens ; un ou deux nœuds spécialisés ciblés peuvent l’avoir — données médicales cantonales, modèles entraînés sur le Walliserdeutsch et le franco-provençal, archivage du patrimoine immatériel Unesco. Le pari réaliste combine migration vers le SGC, partenariats avec opérateurs suisses (Genedis, Infomaniak, Exoscale), et projets ciblés justifiés par leur spécificité.