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Le Bisse Cognitif

PA-I1 · Plan d’action institutionnel · v2.0

Le campus alpin

Requalifier les actifs valaisans à l’ère de l’IA

Personae visés
Conseiller·e d’État (formation, économie, numérique) ·Direction HES-SO Valais-Wallis ·Direction de l’Idiap ·Député·e au Grand Conseil ·Direction d’association faîtière
Horizon
MVP 9 mois · Pilote 18 mois · Effets mesurables 30–36 mois
Chapitres-source
Ch. 3, 9, 10, 12
Lecture estimée
32 min

1. Le constat

Le Valais a, sur le papier, un dispositif de formation initiale solide. La HES-SO Valais-Wallis accueille un peu moins de trois mille étudiants en 2025–2026 et engage des investissements d’infrastructure substantiels à Sion, Sierre et Brigue à l’horizon 2030. L’Idiap, à Martigny, est un acteur de recherche en intelligence artificielle reconnu internationalement. Les écoles professionnelles, les apprentissages et les filières techniques fonctionnent. Pour quelqu’un qui sort de l’école aujourd’hui, le canton sait faire.

Le problème est ailleurs, et il est massif. Les actifs qui font tourner l’économie valaisanne — vignerons-encaveurs de quarante-cinq ans, fiduciaires de cinquante, médecins de soixante, hôteliers indépendants, directeurs d’institutions, associés de cabinets, responsables d’administration communale, élus — n’ont pas accès à un dispositif structuré, accessible et adapté pour intégrer l’IA dans leur métier. Le paysage existe : il est fragmenté entre dizaines d’opérateurs, calibré pour des publics qui cherchent une certification longue, et sans porte d’entrée lisible pour quelqu’un qui veut simplement savoir par où commencer.

Le constat est documenté par les enquêtes de l’Office fédéral de la statistique : la participation à la formation continue baisse nettement avec l’âge, et les 55–65 ans s’y inscrivent moins que les 25–44 ans. Le déficit d’accès et d’envie est réel — et le Valais, par sa démographie professionnelle vieillissante hors centres urbains, est plus exposé que la moyenne suisse.

Ce que dit l’essai et ce que la fenêtre actuelle confirme. Le levier déterminant du basculement compétitif n’est pas la production de nouveaux jeunes diplômés en IA — c’est l’équipement rapide des actifs expérimentés déjà en exercice. Ce sont eux qui savent architecturer un problème, orchestrer la production assistée par IA, et valider la qualité finale. Sans ce senior qui orchestre, l’IA produit du plausible mais déconnecté du besoin réel. Les jeunes diplômés disposent déjà de plus d’occasions d’exposition aux outils ; le déficit public prioritaire concerne les experts métier, cadres, indépendants et responsables institutionnels déjà en poste — ceux dont le pouvoir d’orchestration est élevé mais dont l’exposition structurée aux outils est faible.

Le vide précis est là. Il n’existe pas, en Valais, de guichet cantonal unifié, bilingue, sectoriel, labellisé et orienté actifs expérimentés qui mette à disposition un parcours court, ancré métier, à coût accessible, pour mettre quelqu’un en capacité d’utiliser l’IA dans sa pratique en trois à six mois. Des modules existent ici et là, dispersés. Une lisibilité d’ensemble manque.

Ce dispositif est ce que cet essai nomme le campus alpin. Il n’a pas vocation à inventer les formations — il a vocation à les orchestrer : assembler, certifier en cohérence avec un mandat cantonal, ancrer dans les cas concrets de chaque secteur valaisan, accréditer une pluralité d’opérateurs sous règles de qualité communes.

La fenêtre se ferme. Un campus alpin lancé en 2026–2027 produit ses premiers effets mesurables en 2028. Différé à 2028, il produit ses effets en 2030 — à un moment où le différentiel compétitif sur les usages intermédiaires de l’IA sera déjà largement figé. La concurrence n’est pas avec Berne ou Zurich, elle est latérale : le Tyrol, la Haute-Savoie, le Trentin et le Vorarlberg avancent sur les mêmes axes. Ils ne nous attendront pas pour décider.

2. L’ambition à 36 mois

À l’issue du plan, le canton dispose d’un campus alpin opérationnel, lisible et reconnu — non pas une plateforme de plus, mais un dispositif qui a déjà transformé la pratique d’un nombre significatif d’actifs valaisans dans les secteurs prioritaires.

État-cible décrit en termes concrets.

  • Une structure de portage est en place, mandatée par le canton, avec HES-SO Valais-Wallis comme chef de file opérationnel et un dispositif d’accréditation ouvert à d’autres opérateurs publics et privés sous règles de qualité communes (cf. piège n°6).
  • Une offre modulaire courte est disponible, structurée par parcours métier (fiduciaire, viticulture, santé de proximité, hôtellerie, administration communale, gestion d’institution, élu communal, dirigeant de PME industrielle), en français et en allemand.
  • Un portail unique rend l’offre lisible : un actif sait en moins de quinze minutes quel parcours est pertinent pour son métier, combien il coûte, où il se déroule, comment il se finance.
  • Une mécanique de financement mixte est opérationnelle : participation cantonale, contribution des associations sectorielles, fonds fédéraux ciblés (LFCo pour coordination/qualité, Innosuisse pour démonstrateurs ; pas pour le fonctionnement), participation employeurs, ticket modéré participant.
  • Une labellisation cantonale existe — sans alourdir le dispositif d’une certification académique inutile. Le label dit : ce module a été validé comme conforme au cadre du campus alpin, dans son contenu, sa pédagogie et sa souveraineté technologique.

Quatre indicateurs durs à mesurer à 36 mois.

  1. Volume d’actifs formés : au moins 3 000 actifs valaisans cumulés en milieu de carrière (35–60 ans), avec représentation équilibrée Haut-Valais / Valais romand (minimum 35 % germanophones).
  2. Adoption en pratique : sur un panel suivi de 500 participants, au moins 65 % déclarent et démontrent utiliser au moins un outil IA dans leur pratique professionnelle six mois après la formation (déclaration assortie d’un cas d’usage concret documenté).
  3. Impact opérationnel mesuré : sur le même panel, moyenne de 4 à 8 heures économisées par semaine sur les tâches modifiées, au moins un processus métier modifié durablement par participant, et un livrable type produit avec IA en routine.
  4. Reconnaissance écosystème : au moins six associations faîtières sectorielles ont intégré une recommandation campus alpin à leurs membres ; au moins quinze grandes entreprises et institutions valaisannes y inscrivent leurs cadres en formation continue.

3. Le business case

Le campus alpin n’est défendable politiquement et budgétairement que si son économie tient. Voici la mécanique cible — à valider précisément lors du diagnostic opérationnel.

Ce que finance l’enveloppe (et qui n’est pas que des cours)

L’erreur d’analyse classique consiste à diviser l’enveloppe par le nombre d’apprenants pour en déduire un coût horaire. Ce calcul est trompeur. L’enveloppe finance six chantiers distincts, dont la formation directe ne représente qu’environ un tiers en régime de croisière :

  1. Production pédagogique réutilisable (modules, kits métiers, cas pratiques sur données fictives, scénarios sectoriels) — actif durable qui s’amortit sur plusieurs cohortes.
  2. Train-the-trainer : formation et certification des formateurs sectoriels — l’effet démultiplicateur clé.
  3. Diagnostics sectoriels (cartographie de l’existant, identification des cas d’usage prioritaires par métier) — actifs cantonaux réutilisables hors campus alpin (PME individuelles, politiques publiques sectorielles).
  4. Accompagnement post-formation (office hours, suivi à 90 jours, communauté de pratique) — c’est ce qui transforme une formation en adoption durable.
  5. Mesure d’impact (panel suivi, indicateurs, ajustements pédagogiques) — sans cette mesure, le dispositif n’est pas pilotable et n’est pas défendable politiquement.
  6. Formation directe (modules livrés aux participants) — la partie visible, mais pas la part majoritaire du budget.

Cette structure explique pourquoi un calcul « coût total / nombre de participants » donne mécaniquement des chiffres élevés (de l’ordre de 2 000 à 3 000 CHF par participant tout compris sur trois ans), alors que le coût direct d’un module pour un participant reste dans la fourchette de 100 à 500 CHF.

Trois scénarios chiffrés (à valider en étape 2)

Scénario basScénario médianScénario haut
Volume cumulé à 36 mois2 000 actifs3 500 actifs5 000 actifs
Enveloppe totale 36 mois5–7 M CHF8–11 M CHF12–16 M CHF
Part cantonale60 % (3–4 M)50 % (4–5,5 M)45 % (5–7 M)
Part associations / employeurs25 %30 %35 %
Part participants (ticket)10 %15 %15 %
Part fonds fédéraux ciblés5 %5 %5 %
Coût brut par participant~3 000 CHF~2 600 CHF~2 600 CHF

Lecture politique. Le scénario médian correspond à un investissement cantonal de l’ordre de 1,5 M CHF par an pendant trois ans — à mettre en regard du budget formation continue cantonal existant et de l’investissement dans les trois campus HES-SO. C’est défendable. Le scénario bas est le minimum viable ; le scénario haut suppose une mobilisation forte du tissu employeur et serait la trajectoire d’excellence.

Sources de financement fédérales (manier avec prudence)

  • LFCo (SEFRI) : la loi fédérale sur la formation continue soutient principalement les fonctions d’information, de coordination et de qualité du système — pas le fonctionnement de base d’un dispositif cantonal. L’enveloppe nationale est de l’ordre de 4,3 M CHF par an pour 2025–2028 toutes priorités confondues. À cibler pour le portail, la labellisation, et les fonctions de coordination — pas pour les modules eux-mêmes.
  • Innosuisse : finance des projets d’innovation et de R&D avec partenaires de recherche. Mobilisable pour des démonstrateurs sectoriels et des outils pédagogiques innovants (jumeaux numériques métier, environnements d’apprentissage avec IA), pas pour le fonctionnement courant.
  • Mécénat d’entreprise : pour le branding et certains modules sectoriels, dans une logique sponsoring transparente — à encadrer pour éviter la captation.

4. Le modèle produit

Chaque parcours du campus alpin suit une séquence-type en six temps, calibrée pour produire de l’adoption durable, pas seulement une présence en formation.

  1. Diagnostic initial individuel (1–2 h, distanciel) : auto-évaluation des pratiques, identification des cas d’usage prioritaires dans le métier du participant. Sortie : feuille de route personnelle.
  2. Module court de fondation (4–8 h, présentiel ou hybride) : socle commun par grand secteur (professions intellectuelles, santé, viticulture, administration, etc.).
  3. Atelier métier (4–8 h, en petits groupes de 6–10 participants du même secteur) : travail sur cas concrets sectoriels, avec formateur métier + formateur IA.
  4. Cas pratique sur données fictives (8–12 h, à distance avec accompagnement) : production d’un livrable réel (note fiscale, anonymisation médicale, fiche de dégustation multilingue, brouillon de procès-verbal, etc.) à partir de données simulées mais réalistes. Sortie : portfolio personnel.
  5. Office hours (2 × 1 h sur 90 jours) : sessions collectives de questions-réponses avec un référent expert, pour débloquer les obstacles rencontrés en pratique.
  6. Suivi à 90 jours (1 h, distanciel) : entretien individuel court, mesure d’adoption, identification des freins persistants, recommandation de modules complémentaires si pertinent.

Durée totale par parcours : 19 à 38 heures réparties sur 4 à 6 mois. Prix participant : 100 à 500 CHF selon parcours, avec mécanismes de prise en charge employeur et fonds de solidarité pour indépendants à faible revenu.

Ce modèle est ce qui justifie économiquement l’enveloppe : il ne s’agit pas de produire une masse de cours, mais d’enchaîner les étapes qui ont prouvé statistiquement leur efficacité sur l’adoption (suivi post-formation et cas pratiques notamment).

5. La matrice de souveraineté numérique

Le campus alpin ne peut pas exiger une stack 100 % souveraine partout — ce serait économiquement irréaliste et pédagogiquement contre-productif (les participants doivent aussi se familiariser avec les outils qu’ils croisent en pratique). La règle est chaque donnée à son juste niveau de protection.

NiveauType de donnéesStack autoriséeExemples
1. PubliqueDonnées publiques, cas pratiques fictifs, supports pédagogiques générauxOutils internationaux courants autorisésDémonstrations ChatGPT, Claude, Gemini en module fondation
2. InterneProfil apprenant, progression, données d’évaluationHébergement Suisse ou UE adéquate ; conformité nLPD ; DPA documentésLMS souverain (Moodle hébergé en Suisse, ou équivalent)
3. SensibleDonnées métier non-secrètes mais confidentielles (configurations, processus internes d’employeurs)Stack suisse obligatoire ; chiffrement bout-en-bout ; pas de sous-traitance hors SuisseEspaces de travail collaboratifs Infomaniak, Hidora, Exoscale
4. Secret professionnelDonnées médicales, fiscales, juridiques réellesInterdiction stricte d’utiliser ces données dans les modules ; substitution par données fictives obligatoireCas pratiques uniquement sur datasets simulés ou fortement anonymisés

Conséquence pratique. Le campus alpin ne traite jamais de vraies données soumises au secret professionnel. Il forme à les traiter ailleurs, dans les outils souverains adaptés. Cette ligne est inscrite dans la charte d’engagement signée par tous les opérateurs accrédités.

6. Le plan en 8 étapes (avec MVP à 9 mois)

Étape 0 — MVP à 9 mois (mois 1 à 9)

Objectif. Produire une preuve concrète avant tout engagement budgétaire de longue durée. Faire passer le projet du statut d’ambition à celui de dispositif vérifiable.

Livrables.

  • Mandat ministériel léger (note de cadrage validée par le département concerné, sans nécessiter une décision pleine du Conseil d’État à ce stade).
  • Équipe minimale : un directeur exécutif désigné (mise à disposition HES-SO ou Idiap), un coordinateur pédagogique en CDD, un appui administratif.
  • Trois modules pilotes produits en co-design rapide sur trois secteurs prioritaires : fiduciaire, administration communale, viticulture.
  • 100 participants recrutés via les associations professionnelles pilotes, suivis du diagnostic initial au suivi à 90 jours.
  • Portail web minimal (landing page + inscription + espace apprenant basique) — version V0 de ce qui deviendra le portail définitif.
  • Rapport de bilan publié à 9 mois, présentant : taux de complétion, satisfaction, indicateurs d’adoption à 3 mois, coûts réels par participant, retours qualitatifs.

Enveloppe estimée. 400 à 700 K CHF, dont 60 % financement cantonal direct, 40 % apports en nature (HES-SO, Idiap, associations).

Point d’attention. Le MVP n’est pas un prototype. C’est une opération réelle, à plus petite échelle, qui produit des résultats publiables. Sa fonction politique : transformer le débat « faut-il faire un campus alpin ? » en débat « comment passer du MVP à l’échelle ? ».

Étape 1 — Portage politique et mandat cantonal complet (mois 6 à 12, après MVP)

Objectif. Sécuriser le mandat pluriannuel sur la base de la preuve MVP.

Livrables.

  • Décision formelle du Conseil d’État établissant le mandat campus alpin, son enveloppe pluriannuelle triennale, et la gouvernance.
  • Délibération du Grand Conseil sur le crédit-cadre triennal.
  • Communication politique de lancement public.

Acteurs clés. Conseil d’État · Grand Conseil · Direction HES-SO Valais-Wallis · Idiap · Chambre valaisanne de commerce et d’industrie.

Étape 2 — Diagnostic opérationnel et cadrage élargi (mois 9 à 15)

Objectif. Étendre le périmètre au-delà des trois secteurs pilotes en s’appuyant sur les enseignements du MVP.

Livrables.

  • Inventaire complet de l’offre de formation continue IA existante (Valais + Suisse romande) — actif réutilisable au-delà du campus.
  • Identification des huit à dix secteurs prioritaires et de leurs personae métier.
  • Enquête qualitative auprès de 200 actifs des secteurs ciblés.
  • Cahier des charges pédagogique consolidé.

Point d’attention. Le MVP a déjà documenté trois secteurs ; le diagnostic complet en couvre cinq à sept de plus, en réutilisant la méthodologie validée.

Étape 3 — Consortium, gouvernance et accréditation (mois 12 à 18)

Objectif. Construire la structure opérationnelle pérenne, avec mécanique anti-captation.

Livrables.

  • Convention de consortium signée : canton (tutelle), HES-SO Valais-Wallis (chef de file opérationnel), Idiap (apport technologique), associations professionnelles fondatrices.
  • Règlement d’accréditation des opérateurs : conditions de qualité, transparence des résultats, droits et obligations. Ouvert à tout opérateur public ou privé satisfaisant les critères (cf. piège n°6).
  • Comité de pilotage stratégique (7–9 membres, bilingue, représentation politique/académique/professionnelle).
  • Équipe opérationnelle : 3–4 ETP en année 1, montée à 5–7 ETP en régime de croisière (un ETP de moins que la V1, cohérent avec un modèle plus délégué).
  • Charte d’engagement souveraineté (matrice section 5).

Étape 4 — Financement consolidé et infrastructure (mois 15 à 21)

Objectif. Sécuriser la mécanique financière pluriannuelle et le portail définitif.

Livrables.

  • Plan de financement triennal validé selon le scénario choisi (cf. business case section 3).
  • Convention pluriannuelle canton / consortium.
  • Demandes formelles LFCo (coordination/qualité) et Innosuisse (démonstrateurs sectoriels).
  • Engagements financiers signés des associations sectorielles fondatrices.
  • Portail web V1 (front et back), hébergé en Suisse, conforme nLPD, accessibilité WCAG AA, mobile-first.

Étape 5 — Élargissement à six secteurs (mois 18 à 27)

Objectif. Étendre l’offre au-delà des trois secteurs MVP.

Livrables.

  • Production de modules sur cinq à six secteurs supplémentaires : santé de proximité, hôtellerie indépendante, école obligatoire, association professionnelle, PME industrielle, profession médicale paramédicale.
  • Recrutement et accréditation de formateurs : viviers internes (HES-SO, Idiap) et externes (Suisse romande, alémanique, opérateurs privés accrédités).
  • Cohortes successives totalisant 800–1 200 actifs à 27 mois (cumul avec MVP).
  • Renforcement de l’offre en allemand : modules conçus simultanément FR/DE quand possible.

Étape 6 — Mesure, ajustement et industrialisation (mois 24 à 33)

Objectif. Capitaliser sur les données d’adoption pour ajuster, puis passer à l’échelle.

Livrables.

  • Évaluation complète : indicateurs durs (section 2), panel suivi de 500 participants à 6 mois.
  • Révision du catalogue selon les retours.
  • Communication grand public : présence presse, témoignages, articles dans revues professionnelles.
  • Atteinte de la cible volume scénario choisi (2 000 / 3 500 / 5 000 actifs).

Étape 7 — Bilan triennal et pérennisation (mois 30 à 36)

Objectif. Tirer le bilan et sécuriser la suite au-delà du financement de lancement.

Livrables.

  • Rapport public d’évaluation triennal.
  • Modèle économique cible phase 2 (années 4–6) : trajectoire d’autonomisation partielle.
  • Convention pluriannuelle de continuité.
  • Plan d’extension intercantonale possible (Vaud, Berne, Grisons, Uri, Fribourg) sur modules à intérêt partagé.
  • Positionnement du campus alpin comme référence helvétique pour la formation continue IA en milieu non-métropolitain.

7. Les ressources à mobiliser

Humaines.

  • Équipe opérationnelle dédiée : 1–2 ETP en MVP, 3–4 ETP en année 1, 5–7 ETP en régime de croisière.
  • Formateurs sectoriels : binômes formateur métier + formateur IA, en vacation ou CDD. Vivier à constituer activement par train-the-trainer.
  • Comité de pilotage stratégique : 7–9 membres.

Financières. Cf. business case section 3 (scénarios bas / médian / haut).

Technologiques.

  • Portail et LMS hébergés en Suisse, conformes nLPD, accessibles, mobile-first.
  • Outils collaboratifs souverains (Infomaniak Kmeet ou équivalent).
  • Accès supervisé à Apertus via Swisscom Sovereign AI pour les modules nécessitant un assistant IA souverain ; outils internationaux autorisés pour les niveaux 1 et 2 de la matrice de souveraineté.

Partenariats.

  • Chef de file : HES-SO Valais-Wallis.
  • Apport technologique : Idiap (recherche appliquée, formation des formateurs).
  • Opérateurs accrédités possibles : opérateurs privés de formation continue, écoles cantonales spécialisées, organismes paritaires, instituts spécialisés alémaniques.
  • Associations sectorielles : Fiduciaire Suisse Valais, Interprofession vigne et vin du Valais, Société médicale du Valais, HotellerieSuisse Valais, Association des communes valaisannes, Association des directeurs d’écoles du Valais, Fédération patronale valaisanne — à mobiliser progressivement.
  • Chambre valaisanne de commerce et d’industrie · Fédération économique du Haut-Valais.
  • Fédéraux : SEFRI (LFCo coordination/qualité), Innosuisse (démonstrateurs).
  • Cantons voisins pour modules à intérêt partagé.
  • Académique : EPFL, ETH Zurich, Université de Berne pour apports ponctuels et passerelles recherche.

8. Les pièges à éviter

1. Bureaucratiser le dispositif dès la gouvernance. Signal d’alerte précoce : convention de consortium de plus de trente pages ; comité de pilotage de plus de quinze personnes. Remédiation : discipline opérationnelle dès l’étape 3 — comité à neuf membres maximum, équipe légère, mandats clairs. Le campus alpin doit ressembler à une start-up publique, pas à un organisme paritaire.

2. Vouloir tout couvrir d’emblée. Signal d’alerte précoce : le catalogue de lancement annonce douze secteurs et soixante modules dont la majorité ne sont pas produits. Remédiation : trois secteurs au MVP, six à l’étape 5, point. L’élargissement se fait sur la base d’un pilote réussi, pas sur la base d’une ambition affichée.

3. Reproduire le modèle diplômant universitaire. Signal d’alerte précoce : les modules deviennent des CAS / DAS / MAS avec ECTS, mémoires, jurys. Remédiation : le campus alpin produit des labels de pratique, pas des certifications académiques. Maintenir cette ligne fermement face à la pression institutionnelle qui poussera dans l’autre sens.

4. Privilégier les jeunes parce qu’ils s’inscriraient plus facilement. Signal d’alerte précoce : les premiers participants ont une moyenne d’âge de trente ans ; les associations professionnelles peinent à mobiliser leurs membres seniors. Remédiation : le campus alpin cible explicitement les actifs en milieu de carrière (35–60 ans). Outils marketing, témoignages et références calibrés pour parler à un quinquagénaire associé d’un cabinet ou à un président de commune. Si nécessaire, contingenter les inscriptions des moins de 35 ans dans les premières cohortes.

5. Sous-investir dans le Haut-Valais. Signal d’alerte précoce : à 18 mois, 80 % des participants sont francophones. Remédiation : engagement contractuel dès l’étape 1 sur une représentation équilibrée (cible 35 % germanophones minimum). Recrutement actif de formateurs germanophones. Partenariats spécifiques avec les associations professionnelles haut-valaisannes. Modules conçus simultanément dans les deux langues.

6. Captation par un acteur unique. Signal d’alerte précoce : la HES-SO Valais ou un autre opérateur produit plus de 60 % des modules et capte l’image du campus. Remédiation : dispositif d’accréditation ouverte dès l’étape 3, avec règles publiques de qualité et de transparence. Le campus alpin est un orchestrateur et un labellisateur, pas un producteur exclusif. La diversité des opérateurs est un objectif politique en soi.

7. Négliger le suivi post-formation. Signal d’alerte précoce : on connaît le nombre de participants formés, mais personne ne sait combien utilisent l’IA six mois plus tard. Remédiation : panel suivi dès le MVP, indicateurs d’adoption en pratique systématiques (heures économisées, processus modifié, livrable produit, outil adopté), ajustements pédagogiques basés sur ces données. Un participant formé qui n’utilise pas est un échec — pas un succès statistique.

8. Promettre des financements fédéraux improbables. Signal d’alerte précoce : le business case repose à plus de 15 % sur LFCo + Innosuisse. Remédiation : LFCo finance coordination/qualité (~ 5 % du budget réaliste), Innosuisse finance démonstrateurs ponctuels (~ 3 %). Le fonctionnement de base repose sur canton + sectoriels + participants. Ne pas vendre l’inverse au Grand Conseil.

9. Pour aller plus loin

Chapitres de l’essai à relire.

  • Chapitre 12 — Formation, requalification et campus alpin (cœur du sujet).
  • Chapitre 3 — Les seniors qui orchestrent (fondement du parti pris).
  • Chapitre 9 — Santé en montagne (cas concret de secteur prioritaire).
  • Chapitre 10 — Professions intellectuelles (deuxième cas concret).

Ressources externes.

  • HES-SO Valais-Wallis · Idiap.
  • SEFRI (LFCo) · Innosuisse · Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie.
  • Apertus / Swiss AI Initiative — EPFL, ETH Zurich, CSCS.
  • OFS — statistiques de participation à la formation continue par âge.
  • OCDE et Cedefop — études comparatives sur la formation continue IA en territoires non-métropolitains.

Plans d’Action complémentaires.

  • PA-I2 — Doctrine cantonale de souveraineté numérique (à venir) : décision politique parallèle, indispensable.
  • PA-T2 — Souveraineté des données (à venir) : matrice détaillée applicable au campus alpin lui-même.
  • PA-T3 — Acculturation des collaborateurs (à venir) : parcours d’entrée dans le campus alpin pour les entreprises.
  • PA-S1 — Une fiduciaire valaisanne à l’ère de l’IA (à venir) : exemple de parcours sectoriel cohérent avec un parcours métier du campus alpin.

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